Parcours professionnel


Grandir avec les chiens de refuge

Attendant avec impatience d’avoir l’âge légal pour devenir bénévole, c’est adolescente qu’a commencé mon aventure avec les chiens de refuge. D’abord les week-ends, les vacances, puis tous les jours sur des périodes le permettant, je me suis impliquée au maximum dans leur bien-être et leur quotidien quand je le pouvais. J’y ai côtoyé pendant presque 7 ans des chiens de toutes races, tout âges, toutes problématiques confondues : certains au passé inconnu provenant de la fourrière, d’autres abandonnés pour des raisons diverses et variées. Guidée par les bénévoles plus expérimentés et les professionnels du refuge, c’est là que moi et ma passion pour le comportement canin avons grandi. C’est aussi à ce moment que j’ai commencé à écrire des articles axés sur les chiens de refuge et le comportement canin sur mon blog: derrière la grille.

Apprendre à lire le langage corporel des chiens pour éviter les accidents, comprendre leurs besoins et leurs difficultés en milieu de chenil, admirer leur capacité de résilience, observer les comportements problématiques … ces années auront été une vraie leçon de vie ! Je me souviens avoir été épatée et fascinée par le fait que chaque chien est unique, avec sa propre personnalité, qui évolue chaque jour au cours du travail, et c’est cette adaptation à chaque individualité que je souhaite mettre en avant dans mes suivis.


Des chiens de refuge aux sciences du comportement …

Au fur et à mesure de mes expériences avec des chiens de refuge, j’ai rencontré des chiens très craintifs, anxieux, traumatisés qui pouvaient présenter d’importants comportements de fuite ou des comportements agressifs. Ils m’ont forcée à lire, me renseigner, pratiquer pour les comprendre au mieux et avoir conscience de l’influence de l’environnement sur leurs comportements. Le côté humain a aussi été formateur pour comprendre les raisons principales des abandons (agressivité, anxiété de séparation…) et rencontrer des personnes démunies n’ayant pas toujours trouvé les bonnes solutions ou les bons conseils. Assister aux démarches d’adoption de A à Z, du chenil au foyer et parfois les retours d’adoption m’ont sensibilisée au besoin d’accompagner les adoptants pour éviter les encore trop fréquentes « erreurs de casting. »

Les chiens « difficilement adoptables » l’étaient car ils présentaient des comportements peu compatibles avec une vie en foyer. En cherchant comment lutter contre cette « fatalité » je me suis attelée à étudier beaucoup de problématiques différentes et à les travailler au mieux, pour favoriser les chances d’adoption de certains chiens.


La rééducation d’un chien trauma de refuge: l’adoption de Moka

Moka faisait partie de ces chiens « difficilement adoptables ». J’ai profité des confinements pour aller au refuge tous les jours pendant 4 mois et travailler avec lui au quotidien. Approche de l’humain, de nombreuses peurs très ancrées et plusieurs traumatismes faisaient de Moka un chien compliqué à travailler car il apprend vite, même de mes erreurs. Après 1 an et demi de box sans promenades, il ne connaissait rien, avait peur de tout, et ses progrès étaient lents. Le travail a été long et fastidieux, mais il m’a tout appris. J’ai décidé de l’adopter après quelques mois de travail avec lui, et quelques mois après avoir décidé de me lancer dans le comportement canin. Il est à ce jour « mon meilleur formateur ».


Face aux difficultés: j’ai été à votre place !

Moka a rapidement présenté de nombreux problèmes une fois adopté: réactivité envers à peu près tout, anxiété de séparation, prédation, comportements agressifs, peurs… Je me suis retrouvée de l’autre côté de l’adoption: j’étais l’adoptante et je me sentais démunie. Je ne pouvais plus me doucher ni sortir de chez moi sans une salve d’aboiements, je ne pouvais plus me promener en me sentant sereine avec mon chien, je me sentais isolée. La masse de travail semblait tellement énorme et longue qu’elle en avait l’air insurmontable.

J’ai donc retroussé mes manches et ai travaillé tous les jours avec lui en étant accompagnée par une professionnelle en comportement canin. Je connais donc les jours avec, mais aussi les jours sans; le besoin d’être épaulé et soutenu; le besoin de décharger. Je connais la charge mentale et émotionnelle qu’est de vivre avec des chiens qui présentent des comportements problématiques. C’est pour ces raisons qu’il me tient à cœur d’accompagner leurs humains, les aider à mettre en place des solutions adaptées à leur quotidien, leur apprendre à écouter leurs chiens, et à voir tous les mini progrès éclore, jour après jour.


Mon parcours professionnel en comportement canin

Toutes mes formations, diplômes, cours en ligne et conférences suivis sont disponibles en détail ici.

En parallèle de mon bénévolat au refuge et de la rééducation de Moka, je me suis lancée dans plusieurs formations professionnelles et dans mon mentorat auprès de Géraldine Merry (VoxCanis). Géraldine est une comportementaliste spécialisée dans les troubles liés à la peur et dans les chiens des rues. Elle est hautement diplômée en comportement auprès d’universités anglaises. Au delà de me transmettre ses connaissances pointues en comportement, elle m’a permis pendant 1 an de pratiquer et de gagner en expérience en me donnant l’occasion de suivre ses prises en charge. Analyse comportementale et systémique, établissement d’un diagnostic, prise en charge de certains rendez-vous, rédactions des plans d’action personnalisés et suivis sur le long terme… Elle m’accompagne encore aujourd’hui dans le développement de mes compétences et de mon activité professionnelle.

Géraldine m’a motivée à pousser et creuser encore d’avantage mes connaissances et ma pratique du comportement canin. C’est ainsi que j’ai postulé à l’ISCP (International School for Canine Psychology and Behaviour) pour passer mon diplôme avancé en comportement canin (level 6) au Royaume-Uni. Ce diplôme dure deux ans et 11 évaluations ainsi qu’un mémoire sont nécessaires à sa validation. Les intervenants sont des spécialistes internationaux de leurs sujets (Marco Adda, Marc Bekoff, Clive Wynne, Michael Shikashio, Kathy Murphy…) et le contenu se base sur une grande rigueur scientifique.

Enfin, dans le but de me spécialiser en anxiété de séparation, j’ai passé la certification de l’une des spécialistes du sujet: Julie Naismith. La certification SA Pro Trainer est obtenue après 4 mois de formation,6 modules et 3 évaluations théoriques et pratiques. Basés sur les dernières recherches scientifiques, les protocoles utilisés sont rigoureux et efficaces. J’ai ainsi gagné une connaissance approfondie et une expérience pratique spécialisée dans la résolution de ce type de cas.