« Je me sens stressé.e quand je suis sans mon chien »

On parle souvent des problèmes liés à la séparation du chien envers son gardien, mais le problème inverse n’a été que très peu étudié, malgré son existence. Chez les gardiens, ce problème se manifeste par un sentiment de stress dès qu’ils sont séparés de leur chien ou qu’ils le laissent seul à la maison.

Un sondage américain de 2022 montre que 40 % des personnes interrogées se sentent anxieuses dès qu’elles laissent leur chien seul à la maison (1000 participants).

Une étude scientifique de 2020 (Dowsett, E.) montre que certaines personnes sont plus sujettes à présenter cette forme d’anxiété de séparation envers leur chien :

– les personnes qui ont tendance à avoir peur de perdre des humains d’attachement

– les gardiens qui reçoivent moins de soutien social de la part de leur famille/ amis, qui sont isolés socialement, qui n’ont pas d’enfant

– les gardiens de chien sont plus sujets à ce problème que les gardiens de chats

(ces tendances sont généralistes : ne s’appliquent pas à toutes les personnes)

Une autre étude de 2021 (M. Carr, 2021) s’est spécifiquement intéressée à des jeunes étudiants stressés qui partaient pour la première fois à l’université, laissant derrière eux leur foyer et surtout leur chien de famille. Après 2 semaines de séparation, 3/4 des 145 participants de l’étude ont ressenti au moins une légère anxiété d’être loin de leur chien. Les étudiants qui interagissaient le plus avec leur chien dans leur ancien foyer étaient ceux qui ressentaient le plus de stress.

Et alors ?

Outre les études, ce problème semble assez commun, même si il peut être ressenti à différents degrés par chacun :

– une difficulté de partir une journée au travail en laissant son chien seul à la maison

– une difficulté à laisser son animal en garde pour partir voir de la famille, ou partir en vacances

– une difficulté, notamment pour certaines personnes âgées, de partir recevoir des soins sans leur animal

Le cas des gardiens dont le chien fait ou faisait de l’anxiété de séparation

C’est un cas particulier qui n’a pas été étudié dans ces études et qui semble encore différent. À force de voir votre chien en grande difficulté pendant les absences, d’avoir eu des plaintes des voisins, des dégâts en intérieur, vous avez été vous même sensibilisé.e à ce moment de séparation et avez développé une association très négative avec le fait de laisser votre chien seul.

Puis, vous avez décidé de travailler ce problème en vous investissant énormément. Ce travail a pris énormément de place dans votre gestion du quotidien (suspension des absences), il a été long, dur et vous a demandé beaucoup d’efforts. Vous avez appris à rentrer avant que le chien ne ressente le moindre stress, vous êtes devenus champion dans la lecture de son langage corporel, vous l’avez observé des heures sur caméra.

Puis, vient le moment dans la progression où, oui, enfin !!! vous pouvez faire des absences vies réelles et partir faire vos activités. Mais vous bloquez, vous vous sentez stressé.es et n’arrivez pas à décrocher mentalement. Vous avez toujours le petit « et si ? » qui trotte dans votre tête : et si mon chien panique mais que je suis trop loin pour rentrer ? Et si ça ruine toute notre progression ? Et si je suis chez le médecin et que je ne peux pas regarder si tout va bien ?

C’est un passage normal dans la progression de votre team. Vous n’avez pas encore tout à fait pris confiance en vos progrès et en leur solidité, et c’est légitime ! Vous avez également besoin d’être désensibilisé.e au fait de laisser votre chien seul. Voilà quelques pistes de réflexion :

Faire progresser vos absences en fonction des 3D (durée, distance, distractions).

– Jouez sur chaque critère de manière isolée, puis ajoutez les au fur et à mesure. Par exemple, essayez de faire une longue absence, en étant à côté de chez vous, et en regardant votre caméra régulièrement pour vous rassurer.

– Ensuite, essayez de partir loin de chez vous, pour une absence moins longue, en regardant votre caméra.

– Puis, restez à côté de chez vous, papotez avec des amis, mais regardez moins votre caméra.

– Ensuite, essayez de partir loin avec des amis, mais moins longtemps, sans regarder la caméra 

– Vous pourrez ensuite progressivement ajouter la durée à la distance et à la distraction… et vous rendre compte que votre chien est plus relax que vous !

Demandez au professionnel qui vous accompagne de superviser l’absence avec vous

Demandez à votre professionnel, ou à un proche, de vérifier que tout se passe bien, pendant que vous pensez complètement à autre chose, est une bonne manière pour vous de vous prouver que vous en êtes capables.

Avoir un plan B

Pouvoir compter sur quelqu’un qui puisse rentrer chez vous en cas de problème peut vous permettre de prendre le large plus sereinement !

Prendre votre temps, être indulgent avec vous-mêmes

Progressez à votre rythme, et ne soyez pas trop perfectionniste !

Avoir un accompagnement psy

Si c’est vraiment quelque chose qui vous pèse énormément, n’hésitez pas à rechercher de l’aide auprès d’un professionnel de santé, c’est toujours une super béquille !


Références:

Carr, A.M. and Pendry, P. (2021). Understanding Links Between College Students’ Childhood Pet Ownership, Attachment, and Separation Anxiety During the Transition to College. Anthrozoös, pp.1–18. doi:10.1080/08927936.2021.1963545.

Dowsett, E., Delfabbro, P. and Chur-Hansen, A. (2020). Adult separation anxiety disorder: The human-animal bond. Journal of Affective Disorders, [online] 270, pp.90–96. doi:10.1016/j.jad.2020.03.147.

Herzog, Hal.(2022). www.psychologytoday.com. (n.d.). Do You Suffer From Pet-Related Separation Anxiety? | Psychology Today. [online] Available at: https://www.psychologytoday.com/us/blog/animals-and-us/202206/do-you-suffer-pet-related-separation-anxiety

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