Et si ce n’était pas un problème lié à la séparation ?

ou quand le problème est ailleurs…

Un diagnostic difficile à poser

Les problèmes liés à la séparation (SRPs) sont un syndrome (ensemble de symptômes/ comportements observables constituant un tout dont les causes sont encore mal définies) (De Assis, 2020). Il n’existe donc pas de diagnostic à proprement parler. Les comportements observables peuvent paraître similaires et avoir pourtant des causes complètement différentes. Une mauvaise identification des causes et des facteurs qui entretiennent les comportements peut mener à l’échec du traitement. Et parfois, le problème est ailleurs.

Si ce n’est pas un problème lié à la séparation, alors qu’est-ce que ça peut être ?

Des problèmes vétérinaires/ douleurs

Beaucoup de comportements « problématiques » observables durant une absence peuvent être dus à une douleur ou une raison vétérinaire. La douleur rend les chiens plus irritables. Les chiens âgés peuvent présenter certains comportements quand ils sont seuls (malpropreté, aboiement, anxiété) du à des troubles cognitifs (Landsberg, 2011).

Comportements associés : malpropreté, vocalises, comportements anxieux …

–> Il faut donc voir un vétérinaire pour traiter les causes des comportements.

L’ennui/ des besoins non comblés

Un manque de stimulation ou des besoins non comblés (dépenses physiques, mentale, besoins de sécurité, confort) rend les absences beaucoup plus difficiles à gérer pour le chien. L’ennui mène à de la frustration qui est une émotion très aversive: le chien redirige alors sa frustration ou s’occupe comme il le peut étant donné qu’il ne peut échapper à la situation (De Assis, 2020).

Comportements associés : destructions (objets/ meubles/ points entrées/ sorties), vocalises…

–> Mieux combler les besoins du chien (de manière saine et équilibrée) pour qu’il s’apaise pendant les absences.

De la sur-stimulation/ routine non prévisible

Trop de stimulations et de dépenses, trop de bruits, d’interactions, de mouvements et un manque de sommeil font que le chien n’apprend pas à se poser, déjà en la présence de ses gardiens. En plus de ça, il « s’attend » toujours à faire quelque chose, il est donc constamment sur le qui-vive et frustre rapidement si on part sans lui : il n’a pas appris à s’ennuyer et à ne rien faire.

Comportements associés : destructions (objets/ meubles/ points entrées/ sorties), vocalises, comportements anxieux…

–> Faire « moins » mais « mieux »: dépenses adaptées, routine stable et cohérente, réduire les stimulations, veiller à la qualité de sommeil, renforcer le calme en votre présence…

Le symptôme d’un stress chronique/ TA

Parfois, les difficultés à rester seul sont le symptôme d’un stress plus chronique/ un trouble anxieux (TA). Que le chien soit réactif/ peureux en balade, qu’il ait du mal à s’apaiser globalement en intérieur, qu’il ait peur des bruits, que l’attitude de ses gardiens soit imprévisible (punitions/ violences) ou qu’il soit hyper-vigilant… Cela le maintient dans un état de stress/ anticipation constante qui l’empêche de se poser et s’apaiser durant les absences.

Comportements associés : destructions (points entrée/ sortie), vocalise, comportements anxieux, auto-mutilation…

–> Se faire accompagner par un pro qualifié pour travailler sur l’apaisement global du chien

Un chiot qui apprend

Un chiot qui est malpropre ou qui machouille des objets, des meubles pendant une absence ne souffre pas forcément d’un problème lié à la séparation. Il n’est juste pas encore capable de se retenir (surtout si il est puni en votre présence) et fait ses dents. Il a également encore besoin d’associer graduellement les absences à du calme ! Il faut bien étudier son langage corporel pour s’assurer qu’il n’y a pas de stress.

Comportements associés : destructions (petits objets, meubles), malpropreté.

–> Le sortir régulièrement, lui donner de quoi combler ses besoins de « machouillage », veiller à sa bonne qualité de sommeil, éviter la sur stimulation, apprendre progressivement les absences…

De la réactivité sur des stimuli extérieurs

Certains chiens réagissent sur des stimuli extérieurs (auditifs ou visuels) pendant vos absences. Cela crée une forme de tension qui les met en éveil et peut les empêcher de se poser. Certains chiens vont même avoir des réactions de panique et chercher à fuir, ce qui peut largement s’apparenter à un problème lié à la séparation et créer une mauvaise association avec les absences.

Comportements associés : aboiements (fenêtres, portes), destructions…

–> Aménager l’environnement (bruits blancs, filtres opacifiants, volets fermés) pour empêcher l’accès au stimulus problématique, travailler avec un pro pour modifier les comportements…

Des mauvaises conditions de départ

Bien gérer les antécédents (tout ce qui se passe avant) le départ joue souvent un rôle important dans la gestion de l’absence. Un chien qui vient juste de rentrer d’une balade très stimulante, à courir partout ou à rencontrer plein de stimuli va avoir du mal à « redescendre » et ne sera pas dans de bonnes conditions. De même, certains chiens ont besoin que leurs gardiens ne courent pas partout avant les départs, pour que la transition soit plus douce et calme !

Veiller à ce qu’il y ait un temps de « décompression », valoriser les balades détente/ reniflage qui apaisent le chien et non les activités excitantes avant un départ, prendre son temps et ne pas courir partout pour « poser » le chien…

Pour conclure:

Les comportements peuvent même être dus à plusieurs facteurs en même temps. Certaines catégories se recoupent entre elles et peuvent créer des problèmes liés à la séparation. Faîtes vous accompagner par un professionnel qualifié pour mieux analyser ce qui pose problème !


Références:

de Assis, L.S., Matos, R., Pike, T.W., Burman, O.H.P. and Mills, D.S. (2020). Developing Diagnostic Frameworks in Veterinary Behavioral Medicine: Disambiguating Separation Related Problems in Dogs. Frontiers in Veterinary Science.

Landsberg, G., Hunthausen, W. and Ackerman, L. (2011). Behavior Problems of the Dog and Cat. [online] Google Books. Elsevier Health Sciences.

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